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Oubliez le conservatoire, voici comment écrire une chanson en 3 leçons. Quelques recherches sur internet suffisent pour dévoiler la recette miracle, je me charge de vous faire la synthèse !
Leçon 1 : la musique
Pour commencer, le plus simple est de trouver une suite d’accords que l’on va faire tourner en boucle. Les avis sont partagés sur le fait de composer la musique avant d’écrire les paroles mais je pense que c’est le meilleur moyen pour bien structurer sa chanson. Pour cela, rien de tel qu’un piano ou qu’une guitare.

La technique du 1-4-5 est imparable. Si le Do (C) est le premier accord, alors il faut compter puis s’arrêter à 4 et 5 dans la gamme, ce qui donne : Fa (F) et Sol (G). Pour une chanson en Sol (G), on utilisera donc les accords Sol (G), Do (C) et Ré (D). Soyons fou et ajoutons le 6 en mineur pour faire tourner une boucle 1-5-6m-4… ça donnerait par exemple : Do, Sol, La mineur, Fa. On peut écrire des dizaines, des centaines et même des milliers de chansons avec ces combinaisons. À vous de décider de l’ordre, de la tonalité et du rythme. On commence avec un premier exemple grâce à l’imitateur Michael Gregorio.
Et oui, un même chanteur peut donc écrire 3 fois la même chanson. Je vous connais, je sais que vous n’êtes pas convaincus, notamment par la qualité de la musique… Alors on part faire un tour du côté de l’Australie pour écouter la démonstration réalisée par Axis of Awesome. Cette fois il y a plein de tubes, de différents styles et de différentes époques :
Et malgré ces dizaines de chansons construites sur la même base, il en manque encore ! Je vous en rajoute quelques uns, dont pas mal de francophones (comme quoi on a les mêmes recettes que les anglais et les américains et pourtant on n’y arrive toujours pas), qui reprennent cette progression d’accords dans les couplets ou dans les refrains :
Pep’s – Liberta, Grégoire – Toi + moi, Cookie Dingler – Femme libérée, Daddy DJ, Gerald de Palmas – Une seule vie, Red Hot Chili Peppers – Otherside, Tracy Chapman – Talking about a revolution, Kyo – Le chemin, Saez – Jeune et con, Damien Rice – 9 crimes, Iggy Pop – The passengers, Shania Twain – That don’t impress me much, Eagle Eye Cherry – Save tonight, Coldplay – The Scientist, The Cranberries – Zombie, Cali – Elle m’a dit, Blink 182 – What’s my age again, Sinead O’Conor – Nothing compares 2 U…
Mais au final, tout ça n’a rien d’original puisqu’on retrouve une suite d’accords quasiment similaire dans un vieux morceau de musique classique que tout le monde connaît : le canon de Pachelbel. Cette pièce de musique de chambre baroque – la pop music de l’époque – a été composée par Johan Pachelbel en 1677 ! Le comique Rob Paravonian a tourné cette musique en dérision dans son sketch « Pachelbel’s Rant » :
La musique n’est qu’un éternel recommencement. On verra plus tard pour la mélodie mais vous aurez remarqué qu’il suffit de fredonner sur la suite d’accords et on finit par trouver quelque chose de potable.
Leçon 2 : les paroles
Intéressons-nous maintenant aux paroles. Si vous cherchez sur internet, vous trouverez beaucoup de sites qui tentent, comme je le fais (et non, je ne suis pas le premier), d’expliquer comment écrire une bonne chanson. Sur les paroles, j’ai vu un peu de tout : des techniques de brainstorming, d’évocation, ou encore des questionnements du type : « sur quoi j’écris, pour qui etc… », rien de très intéressant et puis quand on se veut artiste, on va pas se mettre à emprunter des techniques du monde professionnel. J’ai trouvé l’exemple idéal, qui conviendra à tous les mégalos, un tube planétaire : Hey Jude des Beatles. A l’origine, ça ressemblait à ça :

En réalité, Hey Jude c’est ça :

Sans entrer dans une analyse de texte on remarque que toutes les phrases commencent avec les mêmes mots : “Hey Jude, Don’t…” Après nous avoir expliqué ce qu’il ne faut pas faire, notre ami Paul Mc Cartney balance un “remember” pour nous donner un bon conseil. Enfin, les paroles se terminent par une morale, une dimension internationale avec le “then… to make it better”. C’est ce “better, better, better…” qui donne toute la force positive des paroles.
Enfin pour achever de conquérir les publics du monde entier, il suffit de balancer un truc qu’on peut prononcer dans toutes les langues : ”na na na na” (variantes : la la la la ou da da da da). Et vous savez quoi ? Les accords sur le “na na na na” ce sont notre fameuse suite vue dans le premier chapitre ! En tout cas, ce “na na na na” est un bon filon puisqu’on peut écrire des paquets de tubes avec des paroles qui n’en sont pas vraiment :
En bon pédagogue, je vous propose une synthèse de tout ça. Prenons un morceau avec une boucle d’accords 1-5-6m-4, des paroles simples et universelles et un gimmick en “oo” cette fois. C’est Bobby Mc Ferrin qui nous donne la leçon avec cet énorme succès : Don’t Worry Be Happy
Leçon 3 : le chant
Vous me direz, c’est bien beau tout ça mais si on ne sait pas chanter, comment fait-on ? Ne vous inquiétez pas : de nombreux chanteurs chantent très moyennement et leurs voix sont retravaillées en studio. La technologie est là pour vous aider : Autotune est un effet qui permet d’adapter votre voix à la tonalité de votre chanson… Pour vous faire une idée, c’est l’effet qui donne une voix robotique. Mais il y a mieux encore car avec l’iPhone, il y a une application pour tout : Songify This permet de créer une chanson à partir de n’importe quoi, sans même composer la moindre note, un peu comme David Guetta (sauf que lui se fait des couilles en or) :
Voilà, j’essaie d’expliquer comment écrire une chanson, alors qu’en fait ça ne sert à rien d’apprendre. On peut écrire une chanson sans même jouer d’un instrument, la chanter sans même savoir chanter. Bel avenir en perspective pour la musique !
11 Commentaires jusqu'à présent
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Génial comme article et agrémenté de vidéos bien sympas !!
Commentaire par sarahottawa décembre 26, 2011 @ 5:07merci !
Commentaire par lociol décembre 27, 2011 @ 12:44C’est de la merde, tout le getta lui il fait de la tune avec de la bouse!!!!
Commentaire par moi décembre 26, 2011 @ 7:39C’est pas de la musique, c’est un abus de technologie au service des nuls, pas de création car c’est in-reproductible par d’autre zicos!!! de la merde!!!!
Mais j’ajouterais que ces démonstrations sont de belles facture et nous aide à mieux comprendre la prolifération de musiques exotiques. Empaquetée et vendues sans avenir !!!
Commentaire par moi décembre 26, 2011 @ 7:43ça malheureusement c’est le business… la musique est une industrie, pas un art. les temps ont changé.
Commentaire par lociol décembre 27, 2011 @ 12:44Je suis musicien et je ne suis pas d’accord, ce n’est pas une fatalité, ce “malheureusement” n’est pas une acceptation mais une résignation devant le résultat de l’abus de technologie. J’ai pratiqué les synthés dans les années 70 moog et Cie et quand sont arrivés les nouvelles technologies séquenceurs sampler et midi c’était amusant, Jarre en a tiré un bon parti musical, mais aujourd’hui tout celà est devenu un procédé pour fabriquer du fric avec des artistes “kleenex” il n’en resteras rien que des galettes reflets d’une époque de poudre aux yeux et aux oreilles, RIEN de RIEN. Mozart, Vivaldi et autres Stravinski, eux sont encore bien présent et influenceront encore longtemps la création musicale.
Commentaire par moi décembre 27, 2011 @ 4:28je suis d’accord avec toi sur le fond… mais il faut se rendre à l’évidence : plus aucune maison de disque ne sort d’albums concept ou de double albums… le mp3 a tué la production musicale indépendante et renforcé la culture du “single”. il y aura toujours des vrais artistes bien heureusement, il faut juste savoir où les dénicher.
Commentaire par lociol décembre 29, 2011 @ 8:24The love cats n’est pas une sinécure… Tordant de rire et effrayant de médiacreness!!!
Don’t worry be happy for toniiight… Tonight is gonna be a real good good good… Joyeux réveillon!!!
Commentaire par ObïOxOïdO décembre 31, 2011 @ 10:08Bonne année à vous et surtout année d’intelligence musicale, de création et de prospérité…
Commentaire par moi décembre 31, 2011 @ 12:21J’ai un ami batteur qui me disait lorsqu’il jouait des morceaux des années 2000 qu’il jouait de la soupe pour vivre.
Commentaire par JCl31 février 16, 2012 @ 9:58Le reste du temps, il jouait avec des amis passionnés qui composaient leurs morceaux avec d’autres variables que 4 ou 5 accords.
J’adorai passé des soirées boeufs, c’etait les meilleurs moments de leur vie de Zicos.
Leur moment d’expression.
Paix à son âme.
Je suis tombé sur votre article et c’est vrai qu’un zicien qui c’est tapé des années de conservatoire doit bouillir de voir que cet art est massacré pour remplir les poches des majors.
Pour trouver de la bonne musique avec des zicos qui groovent c’est pas en écoutant les mass” radio, peut être FIP, il faut chiner sur web pour trouver de vrais artistes.
J’ai écris par mail une fois à Milteau (harmoniciste mondialement connu ) pour un truc, il m’a répondu simplement et de manière abordable. Quand il m’a radressé un mail pour me dire qu’il sortait un nouvel album, je l’ai acheté, les autres le guetta et Cie, je les t…..
Merci pour cet article, il aura le mérite d’éclairer ceux qui croient que certains artistes travaillent, aura fait croire à d’autres qu’ils deviendront des stars planétaires, et mis en colère ceux qui se casse le fion à faire de la musique de la vrai.
Bon site aussi.
le niveau d’exigence du public est peut-être trop bas… par facilité et par manque d’éducation ?
Commentaire par lociol février 17, 2012 @ 8:51