Clint Eastwood… une histoire de prénom

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On ne choisit pas toujours son prénom, pour ainsi dire jamais. C’est même terrible, nos prénoms (qui représentent pourtant une part de notre identité et qui nous poursuivent toute notre vie) nous sont imposés par autrui. Et nous ne nous privons pas de faire de même. Moi ça va je ne me plains pas, ce n’est pas l’extase mais ça va. On impose des prénoms à nos animaux et à nos enfants (vous avez vu dans quel ordre j’écris, c’est alarmant).

Daniel Hechter avait eu des problèmes avec l’état civil qui refusait qu’il appelle sa fille Clafouti. Mais enfin, pourquoi elle nous emmerde comme ça l’administration, déjà qu’on paie l’impôt sur la fortune et en plus ils veulent réguler nos noms ! Il y a aussi cette histoire de la famille Renaud (je pense que ça ne s’orthographie pas comme le constructeur de voiture) qui voulait appeler leur fille Mégane. Effectivement c’est un peu fort… mais qui a tort ? Une famille qui veut donner un prénom qui existe (et qui n’a pas choisit son propre patronyme Renaud) ou une marque qui vend des voitures à qui elle donne un prénom ? On marche sur la tête. Les deux ont tort. Les juristes ont tranché, je ne sais plus ce qu’ils ont décidé (mais je crois bien que l’industrie l’a emporté), ils n’ont rien d’autre à faire… Et si Megan Fox se mariait avec Jean Reno, l’empêcherait-on de se faire appeler Megan Reno ?

Moi j’ai toujours pensé que j’appellerai ma fille Flora, si toutefois j’ai une fille, si toutefois j’ai un enfant. D’ailleurs même si c’est un gars, il s’appellera Flora… halte au sexisme ! Tous les prénoms devraient être asexués ! Puis non je n’aurai pas d’enfant car si je commence déjà à me prendre la tête pour ça. Puis c’est difficile de lui faire admettre que l’allemand en deuxième langue c’est mieux que l’espagnol. Puis pourquoi lui faire faire du piano à 6 ans ? Parce que j’aimerais savoir en jouer ? ça ne fera que le dégoûter. Tout ça alors que je rêve qu’il devienne footballeur professionnel. Oui c’est mieux, je vais l’appeler Zinédine si c’est un garçon.

Très souvent (peut être même tout le temps, faudrait vérifier) les enfants de la DASS ont un prénom à la place du nom. Quelques exemples : Guy Georges, Patrick Henry et Thierry Roland (qui n’est pas un enfant de la DASS mais je trouve qu’il va bien avec les deux premiers, ne me demandez pas pourquoi). Comme quoi les théories génétiques, sur certaines prédispositions, de Nicolas S. ne tiennent pas la route, les psychopathes potentiels on peut les trouver directement dans les registres de l’état-civil. Tout est dans le nom. Jacques Martin (bien qu’il ne soit pas psychopathe) est un autre exemple, au hasard (enfin pas tout à fait, faut me suivre, ce n’est pas toujours évident).

En fait je parlais des prénoms que l’on nous impose car je voulais surtout vous faire part de ma compassion pour celui que l’on appelle : le bernard l’hermitte. Pauvre petit animal ! Déjà il est pas beau, on dirait un vieux gland tout rabougri avec un morpion géant en dessous, et je ne parle même pas de ses couleurs insignifiantes, mais en plus, personne ne s’intéresse à lui, puis ses pinces sont tellement petites qu’il ne peut pas en faire grand-chose. Non seulement c’est un animal vilain, mais il a surtout un nom ridicule ! Le monde est trop injuste.

Si j’avais fait des études de sociologie j’aurais fait un mémoire sur la perduration des prénoms Marc et Sophie suite à la diffusion de la série télévisée du même nom (Marc et Sophie pour ceux qui ne suivent pas). En plus j’aurais eu plein de pistes à explorer comme l’ascension de Sophie Marceau dans les années 80 dont bon nombre d’hommes étaient amoureux (pour dire les choses poliment). Elle a sans doute malgré elle contribué à la survie de son propre prénom. Puis Marc c’est bien le prénom d’un évangile. De là à imaginer que la percée des églises évangélistes aux Etats-Unis en est une conséquence, il n’y a qu’un seul petit pas que j’ose franchir. Et oui, n’ayons pas honte, après tout Jean-Marie Messier a bien réussi à conquérir l’Amérique ! Jean-Marie… justement en voilà un drôle de prénom. No comment.

Puis j’ai eu cette illumination : Pierre Desproges. Je ne me souviens plus si c’était à la radio, dans un livre ou un sketche, mais il se gaussait de Jean-Edern Hallier, enfin de son prénom. Vous imaginez si vous vous appeliez Jean-Edern (pour les femmes qui me lisent, pensez à Jeanne-Edern) ! Le pire c’est que les journalistes lui ont même ré-inventé son nom puisqu’ils l’appelaient Edern-Hallier. C’est quand même incroyable. Même le monde refusait son prénom. Je ne connais pas son avis sur la question et ça ne m’intéresse pour rien au monde d’ailleurs, vous non plus ? Ça tombe bien. Pourtant, j’ai fait quelques recherches sur cet écrivain dont je ne garde en mémoire que le regard Strauss-Khanien (je vous avais dit que j’étais à fond dans l’optique en ce moment). Enfin lui c’était même pire, un oeil restait rivé sur le quai pendant que l’autre regardait le train partir. Figurez-vous qu’il est né à Saint-Germain en Laye et mort à Deauville. Je sais, vous pensez comme moi.

Junior, je vais t’appeler Junior. René Junior !

Et Harry ? C’est pas la classe internationale comme nom ! Déjà il y a le Prince, puis il y a l’inspecteur, il y a même du pain de mie, c’est aussi un ami qui nous veut du bien, puis il y a l’atomique Debbie (la chanteuse de Blondie pour ceux qui ne percutent pas), le discriminé positif du JT de TF1 (Roselmack pour ceux qui ne sont pas au courant), le héros du livre qui se vend mieux que la Bible (Potter pour ceux qui ont toujours du mal), et plein d’autres que j’oublie comme Harry Edern-Hallier, Harry Hallyday, John Harry Kennedy et Harry Lhermitte. Moi j’aimerais bien avoir un ami qui s’appelle Harry, ça claque quand tu ouvres ton portable et que tu dis : « Attends, j’appelle Harry ! »

Que dire des deuxièmes prénoms enregistrés à l’état-civil ! Vous savez, ces prénoms que l’on aime bien cacher mais qu’on vous hurle devant tout le monde dans les administrations… Surtout que parfois, c’est le cas de mon frère, on affuble carrément les prénoms des grands-parents comme deuxième et troisième prénoms. Ainsi, mon pauvre frère s’appelle Rémi, Maurice, Germain, je trouve ça dur pour lui, vraiment il ne le mérite pas.

J’aimerais écrire sur les surnoms aussi mais ça va être difficile pour moi compte tenu des surnoms qui m’entourent : Christophe c’est Nono, Pascal c’est Bobby pour n’en citer que 2. Les asiatiques sont des gens étranges… En plus Nono (Christophe) on le confond avec un autre Nono (Arnaud), ça se complique. Puis j’ai deux autres amis qui s’appellent Christophe (en plus de Nono, voyez comme c’est pas pratique), alors du coup il y en a un c’est Chris et l’autre c’est Tof. C’est terrible c’est comme si on les coupait en deux.

J’ai une pensée émue pour la génération qui passe le bac (surtout le rattrapage) en ce moment : tous ces Steven et Kevin… il y a des prénoms de séries télévisées dont on pourrait se passer. Finalement ce n’était pas si mal Marc et Sophie. Il y a aussi cette légende urbaine : un enfant que l’on a appelé Clinis… et là vous me dites : mais pourquoi Clinis ? Voilà ce que la mère a répondu : comme Clinis Wood.

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