Dans l’Oeil du Tigre

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Pour celles et ceux qui connaissent pas Tiger Woods, autrement que pour les frasques lisibles ci-après, sachez qu’il est tout simplement le plus grand joueur de Golf de tous les temps. La grande particularité de Tiger Woods c’est sa couleur de peau. Non pas que les noirs soient des êtres rares mais plutôt parce que l’on n’avait pas l’habitude de les voir sur les greens, ou, à la rigueur pour porter les clubs d’un petit blondinet passé sous uv avec un polo Ralph Lauren. De premier joueur noir de haut niveau, il est passé au statut de meilleur du monde, créant ainsi un coup de projecteur sur son sport et attirant par là même bon nombre de sponsors.

Les exemples similaires à la trajectoire du tigre sont rares… Ils se comptent même sur les doigts d’une main : premier exemple, l’anglais Lewis Hamilton pour la Formule 1, autre sport de blancs, qui bien que sacré champion du monde, ne sera sans doute jamais le meilleur de tous les pilotes. Le deuxième exemple ne concerne pas le sport mais la politique. Vous l’aurez deviné il s’agit de Barack Obama, premier président noir d’un pays à dominante caucasienne. La comparaison s’arrête là… en tout cas pour le moment. Le contexte est posé.

Fin novembre 2009, Tiger Woods est victime d’un accident de la route. Emmené d’urgence à l’hôpital, son cas alerte de suite les médias. Les spéculations vont bon train : pourra-t-il continuer sa carrière de sportif, ou pire encore est-il en train de mourir ? Les questions font sensation et l’inquiétude monte sur l’état de santé de l’idole de tout un peuple. Puis les questions se précisent, se focalisent sur l’accident, les photos de la voiture, les circonstances qui ont provoqué ce crash. Il y a de quoi s’interroger puisque Tiger Woods a embouti sa voiture dans un arbre à quelques mètres de sa maison. Il est alors question de sur-dose médicamenteuse, d’endormissement au volant, etc…

La réalité est tout autre et elle ne va pas tarder à se révéler aux médias du monde entier et au grand public : Tiger Woods a eu une violente altercation avec sa femme. À ce moment là on se dit : ouh la vilaine ! On raconte ci et là qu’elle l’a poursuivi avec une batte de Baseball et était prête à lui refaire le portrait avec ce même objet. Le petit tigre réfugié dans sa voiture a réussi à échapper aux coups de sa chère et tendre. En revanche elle n’a pas épargné le véhicule en éclatant littéralement le pare-brise arrière. Dans la panique, l’accident s’en est suivi.

La raison de la dispute entre Tiger Woods et sa femme, la suédoise Elin Nordegren sera très rapidement de notoriété publique : l’adultère. En effet, la blonde n’aurait pas supporté la découverte d’une liaison extra-conjugale du Golfeur, avec lequel elle a eu un enfant… Disons qu’un écart peut arriver et que les choses peuvent toujours s’arranger dans un couple, sauf que la déferlante médiatique va se charger de mettre de l’huile sur le feu… de Bengale. Feu de Bengale, Tiger, tigre, tigre de Bengale, humour. Ahaha !

Jour après jour, les médias vont recueillir les témoignages de jeunes femmes prétendant avoir eu une aventure avec Tiger Woods. Tour à tour, pornstars, mannequins, serveuses etc… on va avoir droit à une belle palette de fuck buddies. Le compteur des conquêtes du Golfeur montant même jusqu’à huit maîtresses. Vous me direz : 8 maîtresses plus sa femme ça fait 18 trous, normal pour un parcours de golf… Peu importe, certains médias vont aller encore plus loin et comptabiliser près d’une quinzaine de cas d’infidélité. Tiger Woods annonce alors se mettre en retrait temporairement des compétitions officielles et la plupart de ses sponsors décident de le lâcher.

Mieux encore : Tiger Woods organise sa défense. Il serait addict au sexe et son cas serait même pathologique. Docteurs et experts se penchent sur son cas, solidarité masculine oblige, et confirment qu’effectivement le tigre aurait besoin d’une cure, d’un sevrage. Le dénouement a eu lieu dernièrement : sorti de sa thérapie le golfeur aurait retrouvé son domicile et sa femme serait aussi revenue. Pour combien de temps ? Là n’est pas la question.

La vraie question c’est celle de la publicité. Pourquoi Manix ne sponsoriserait pas le beau champion ? Tout est là… désolé les pubards je vais faire le boulot à votre place : Pourquoi Manix ? Parce que si l’on trompe sa femme, il faut se protéger et parce que la boîte des nouveaux Skyn (dernier produit phare de la marque) est noire comme tiger. Le slogan « la sensation de ne rien porter » pourrait se détourner facilement en l’espèce : la sensation de ne rien porter… sur ses épaules. Dédouanons-le de toute culpabilité puisqu’il est réputé « malade ». Enfin le nom du préservatif : Skyn, comme la peau (skin) car Elin Nordegren lui aurait bien fait la peau à ce salaud ! Sans parler des 18 trous… j’ai déjà fait la blague.

La dernière campagne de communication mettant en scène Tiger Woods, sans doute à son insu, vient de sortir. Elle concerne la célèbre association PETA. Le visuel est simple : mettre une photo du golfeur et l’accompagner du slogan « too much sex can be a bad thing ». La légende explique : même pour les petits tigres, aidez vos chats (et chiens) : châtrez ou stérilisez-les. On comprend bien l’idée de sortir une publicité choquante… mais comment réduire le sexe à un acte animal ? Pourquoi prendre l’exemple de Tiger Woods ? Pour stigmatiser une race plus qu’une autre et surtout rapprocher la race noire de l’animal ? Je vais peut être un peu loin. Mais je parle d’une campagne publicitaire qui a lieu dans un pays où une caricature de Barack Obama gisant en singe mort a été publiée dans un journal, d’un pays dans lequel l’image de Michelle Obama avec une tête de singe était dans les premières suggestions Google Images. L’interrogation me paraissait donc légitime…

Le poids relatif de mes mots… le choc des photos :

On peut se réfugier derrière l’argument du prénom Tiger que l’on peut lier à l’image de l’animal du même nom… mais aussi s’en servir pour justifier toute mauvaise foi. Finalement mon jeu de mots sur le Bengale était bien plus inoffensif et bien plus drôle, non ? Je me souviens aussi de mon article précédent sur la fallacieuse campagne anti-tabac qui elle aussi mettait en scène l’acte sexuel. Devrions-nous ne pas succomber aux plaisirs de la chair ? Je préfère ne pas me soumettre à la pensée unique, aux médias et à la communication et n’obéir qu’au désir, quitte à en devenir l’esclave, voire même l’otage. Et que vive le syndrome de Stockholm, ville native de cette chère Erin Noregren… et aussi du monumental Dolph Lundgren.

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