Soul Kitchen

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Mi-Janvier, je tombe malencontreusement sur le dos dans ma douche et je me casse une côte. Shooté à la codéine et au paracétamol, je découvre le malheur d’avoir le dos en vrac… démarche de vieillard, mouvements lents et décomposés. Quelques jours plus tard, au cinéma, je tombe sur la bande-annonce de Soul Kitchen dans laquelle je vois un gars se faire mal au dos en essayant de soulever un lave-vaisselle. Le reste de la bande-annonce me convainc tout autant mais ce clin d’oeil du destin me persuade d’aller voir ce film. C’est chose faite depuis quelques jours.

Le film démarre sur X Rated des Kool and the Gang et le spectacle désolant de Wilhelmsburg, quartier d’Hambourg cerclé par l’Elbe. C’est ici que Zinos, trentenaire allemand d’origine grecque, tient un restaurant dans une ancienne usine désaffectée, le Soul Kitchen. Son adresse est devenue un repère de prolos du quartier dans lequel il sert une bouffe infâme. Bien que l’endroit paraisse un peu glauque, l’ambiance y est familiale et on sent tout de suite le potentiel de ce lieu.

Les talents culinaires de Zinos sont à peu près ceux que j’avais à l’âge de 12 ans. Son personnage est attachant dès les premiers plans, son look, son accent, il a quelque chose de comique, on sent qu’il est gentil, parfois un peu maladroit, et cela fait tout son charme. Mais tout n’est pas rose, sa copine part travailler à Shangaï, les factures non payées s’accumulent et les services d’hygiène de la ville d’Hambourg ont le Soul Kitchen dans le collimateur. Heureusement, au fil des rencontres et avec le retour du frère de Zinos, le restaurant va trouver sa véritable identité et devenir un endroit branché… mais cette période d’euphorie ne va pas durer.

De péripétie en péripétie, la galerie des personnage de Soul Kitchen va s’agrandir, chacun ayant sa personnalité, des traits de caractère très différents, ce qui reste une particularité du cinéma européen, l’un des seuls à travailler autant les seconds rôles. Ainsi on s’attache au vieux marin, au cuisinier psychopathe, au frangin petite frappe, à la serveuse Lucia. Mais c’est avant tout l’humour qui fait de ce film un petit bijou. Tous les gags sont bien amenés et font mouche à chaque fois et certaines scènes sont vraiment hilarantes.

Léger, frais, Soul Kitchen est un excellent divertissement sans prétention, une belle histoire. Une jolie vision de l’Allemagne, des immigrés et de la culture underground. Fatih Akin signe un très bon film, la bonne surprise cinématographiqe de ce début d’année 2010. C’est un vrai coup de coeur et je le recommande vivement, ça met de bonne humeur et fait du bien au moral. Si en plus vous rêvez d’ouvrir un restaurant, alors vous allez adorer.

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3 réflexions sur “Soul Kitchen

  1. Cerise

    Que dire de plus sauf que Fatih Akin a une sensibilité hors pair qu’il sait utiliser autant dans le drame (voir « Head on ») que dans cette comédie au rythme endiablé qui émeut tant par ces personnages profonds et burlesques, que par la modestie avec laquelle il nous parle du monde qui va mal. La fin nous rappelle en douceur que rien n’est perdu temps qu’on garde une certaine forme de foi… en l’humain, en l’énergie qu’on peut déployer même quand tout semble s’écrouler. Ca fait sacrément du bien.

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