Âmes en Stock

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Ames en Stock est le premier long métrage de la réalisatrice Sophie Barthe. Cold Souls (titre original bien plus porteur de sens que sa traduction française) est né d’une belle idée : l’acteur Paul Giamotti est en dépression à cause du personnage qu’il doit incarner dans une pièce de Tchekov. Pour y remedier, sur les conseils de son agent, il fait appel à une entreprise qui stocke les âmes et permet ainsi d’aborder la vie avec légèreté. Évidemment, comme pour les organes, le stockage d’âme fait l’objet de trafics, ce qui emmènera Paul Giamatti dans une drôle d’aventure.

L’idée de ce film est digne d’un Michel Gondry. Pourtant Cold Souls est plus en retenu, plus en subtilité (un peu trop parfois), ce qui lui évite la comparaison avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind malgré ce rôle central joué par la société de stockage d’âmes à l’instar de Lacuna.inc. Et là où Eternal est une belle romance, Cold Souls est un film sur le romantisme, c’est toute la nuance. Les critiques de cinéma se sont plutôt tournés vers Spike Jonze ou Woody Allen pour citer des références.

C’est vrai que s’agissant d’un premier film, il est tentant de vouloir coller une étiquette, trouver des repères cinématographiques. Pour ne pas tomber dans cet exercice périlleux, autant parler de la réalisation : elle est complètement maîtrisée. Le rythme est un peu lent au début mais permet justement de s’imprégner du personnage de Paul Giamatti qui réalise un numéro d’acteur excellent. Je dois avouer que j’ai un peu regretté que Sophie Barthes ne joue pas un peu plus avec lui. Cependant elle évite ainsi de tomber dans un burlesque futile.

Les flashbacks, qui représentent en fait les âmes de chacun des personnages sont très réussis et s’imbriquent à merveille dans le fil de l’histoire. Le final dévoile une dimension comique de plus en plus forte alors que le rythme s’emballe enfin. Le dénouement replonge les personnages dans leur banalité avec un sentiment de résignation totale presque cruel de réalisme. À noter également, la très belle performance de Dina Korzun qui joue une russe « mule », tout en froideur, quasi robotique et à l’esthétique irréprochable aux faux airs de Pris (Daryl Hannah) dans Blade Runner. Avec Cold Souls, Sophie Barthes fait une belle entrée, très remarquée, dans le monde du cinéma. Prometteur.

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