Ode à la Sodomie

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« Que je t’aime » est un morceau écrit par Jean Renard et Gilles Thibaut pour Johnny Hallyday en 1969. Pour celles et ceux qui n’ont pas prêté attention aux paroles et à leurs sens, « Que je t’aime » est une chanson d’amour qui décrit les sentiments éprouvés avant, pendant et après une relation sexuelle. On s’en doutait, mais en approfondissant un peu plus l’étude du texte, on pourrait aller plus loin. L’un des plus grand succès de Johnny Hallyday est tout bonnement une ode à la sodomie. Démonstration :

Quand tes cheveux s’étalent comme un soleil d’été
Et que ton oreiller ressemble aux champs de blé
Quand l’ombre et la lumière dessinent sur ton corps
Des montagnes des forêts et des îles aux trésors
Que je t’aime…

Commençons l’analyse du texte avec le premier couplet. Il est assez classique, mise en avant du contexte, présentation de la femme avec une précision sur la blondeur capillaire de ladite personne. On rentre très vite dans le vif du sujet avec l’évocation de l’ombre et de la lumière. Ces termes symbolisent l’ambivalence, l’opposition comme le jour et la nuit, le bien et le mal, donc pourquoi pas devant et derrière ? Les montagnes évoquent les courbes du corps et les forêts sont une référence évidente à la pilosité du pubis (rappelons que nous sommes à la fin des années 60). Mais arrêtons-nous plutôt sur les îles aux trésors : le trésor est de toute évidence une référence au sexe de la femme. L’emploi du pluriel suggère l’existence de plusieurs trésors, à vous d’imaginer quel pourrait être l’autre trésor, ou orifice, si ce n’est pas le vagin…

Quand ta bouche se fait douce, quand ton corps se fait dur
Quand le ciel dans tes yeux d’un seul coup n’est plus pur
Quand tes mains voudraient bien, quand tes doigts n’osent pas
Quand ta pudeur dit non d’une toute petite voix
Que je t’aime…

Explication : le corps se fait dur, sans doute à cause du stress de la situation. Le ciel dans tes yeux nous indique qu’en plus d’être blonde, la jeune femme a les yeux bleus. Mais ce regard n’est plus pur : c’est l’appel au vice, à la transgression et à l’interdit. S’en suit l’hésitation avec le jeux des mains et des doigts. Enfin, le tabou s’installe dans la chanson avec l’utilisation du terme pudeur. La petite voix indique cependant que le refus n’est pas catégorique. Allez on va lui redire Que je t’aime 6 fois, comme ça elle finira par céder à la tentation…

Quand tu ne te sens plus chatte et que tu deviens chienne
Et qu’à l’appel du loup, tu brises enfin tes chaînes
Quand ton premier soupir se finit dans un cri
Quand c’est moi qui dis non, quand c’est toi qui dit oui
Que je t’aime…

Avec ce troisième couplet, on rentre vraiment dans le sujet (si je peux me permettre). Le champ lexical devient plus sauvage avec la référence aux animaux, aux chaines et aux cris, donc à une forme de soumission, impression renforcée par le non et le oui (on retrouve par ailleurs cette idée de l’opposition comme avec l’ombre et la lumière). L’utilisation du mot chatte ne peut pas être anodin, sinon l’auteur aurait trouvé un autre terme moins équivoque. Le terme chienne renvoie évidemment à la bestialité de l’acte sexuel. Il n’est plus question de faire l’amour à une femme que l’on aime mais à une putain. L’appel du loup est une révélation, l’état pulsionnel du prédateur qui sommeille en chacun de nous et se caractérise par une irrésistible envie. Alors les chaînes sont enfin brisées : le tabou est levé, la sexualité libérée et tout ça se finit dans un cri dont on ne sait, dans la chanson, s’il s’agit d’un orgasme ou d’une douleur.

Quand mon corps sur ton corps, lourd comme un cheval mort
Ne sait pas, ne sait plus, s’ il existe encore
Quand on a fait l’Amour comme d’autres font la guerre
Quand c’est moi le soldat qui meurt et qui la perd
Que je t’aime…

Le dernier couplet évoque la mort. L’éjaculation est traditionnellement décrite comme une petite mort. On en conclue que l’acte sexuel est terminé. Et c’est là que la chanson en remet une couche au cas où l’on aurait pas compris que tout ça parlait de sodomie avec : quand on a fait l’amour comme d’autres font la guerre. La référence à des pratiques barbares est une évidence : tous les coups sont permis, y compris la traîtrise. Toutefois le doute persiste avec cette dernière phrase qui évoque la défaite. C’était trop serré peut-être ? Mets de l’huile petit homme, dans la vie faut que ça glisse…

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