Tchernobyl, la zone

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L’information n’a pas pu vous échapper, nous avons célébré cette semaine l’anniversaire des 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl. À cette occasion, j’ai été convié à la présentation officielle de « La Zone », le 26 avril dernier à la Gaîté Lyrique.

« La Zone » est un projet transmédia réalisé par Bruno Masi et Guillaume Herbaut et dédié à la zone interdite de Tchernobyl. Il est décliné sous 3 formats : un webdocumentaire produit par Agat Films & Cie et diffusé sur le site du Monde, une installation multimédia présentée à la Gaîté Lyrique du 26 avril au 10 mai 2011, et un livre composé de textes et de photographies, coédité par la Gaîté Lyrique et les éditions Naïve.

Sur le web, le retour à Tchernobyl sur le web s’effectue de manière très intuitive, soit par des thématiques soit par une navigation sur la carte des lieux. La zone est en fait une délimitation d’une circonférence de 450 kms autour du réacteur 4 de Pripiat. Cette zone est interdite à toute circulation et surveillée en permanence. On apprend grâce à ce documentaire que des ouvriers travaillent toujours dans la centrale nucléaire. La navigation sur le site du Monde permet aussi de faire des rencontres avec des personnages attachants. Chaque vidéo est très courte, entre 1 et 3 minutes et commentée très sobrement.

Le livre se veut plus personnel, tel un carnet de voyage et s’attache à mettre en avant le travail de photographie. On retrouve de nombreux visuels et personnages présentés dans le webdocumentaire. Enfin, l’installation à la Gaîté Lyrique est une immersion dans l’univers de « La Zone ». Une pièce en forme de cube accueille le visiteur où images et vidéos sont projetées en grand format sur les 4 murs. En accès libre, cette installation souffre du manque de narration et vient surtout en complément des supports précédents.

Un quart de siècle après la catastrophe, « La Zone » est un documentaire malheureusement d’actualité après l’accident récent de Fukushima. Au delà de l’écho malheureux de l’histoire, c’est surtout l’occasion de rencontrer la génération des jeunes ukrainiens nés proches de la zone, de se rappeler que toutes les conséquences sur la santé, comme le cancer de la plèvre, ne sont pas encore connues.

Dans ce territoire abandonné et délaissé par les autorités, une population vit, survit, l’humain ne se résigne pas, n’abdique pas. Entre noces, décès, travailleurs, spéculations immobilière, tourisme douteux, trafic de métaux et marginaux, « La Zone » nous plonge dans un no man’s land loin des préoccupations, de la sophistication et des futilités de notre société car le réel danger qui règne ici, c’est la contamination radioactive : silencieuse, indolore et invisible et presque oubliée par ceux qui vivent avec elle depuis 25 ans. Un seul mot me vient à l’esprit : édifiant !

Pour aller plus loin : Tchernobyl Aujourd’hui, publié sur ce blog l’année dernière qui présente des photos de la ville fantôme de Pripiat.

Crédit photos : Guillaume Herbaut / INSTITUTE

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