Visite du musée Cristóbal Balenciaga

Par défaut

Cette année, le Pays Basque vient de s’enrichir d’une nouvelle étape culturelle à mi-chemin entre Biarritz et Bilbao : un musée entièrement dédié au créateur de mode Cristóbal Balenciaga. Ce nouveau lieu se trouve dans le village espagnol de Getaria, une quinzaine de kilomètres après San Sébastien lorsque l’on arrive par la France. C’est dans ce charmant village de pêcheurs que naquit Balenciaga le 21 janvier 1895.

Ouvert depuis le 10 juin 2011, le Cristóbal Balenciaga Museoa surplombe Getaria et l’océan. Le bâtiment, tout noir, est adossé à une vielle maison traditionnelle… le Palais Aldamar où la mère de Balenciaga, couturière, emmenait souvent son fils lorsqu’elle allait y présenter ses vêtements à ses clientes. C’est donc à l’endroit même où se trouve le musée que la vocation de Balenciaga est née.

Si l’extérieur intrigue et inquiète un peu avec ses grandes vitres teintées noires, l’impression est tout autre à l’intérieur. Les verrières laissent entrer la lumière dans l’immense espace de l’atrium où sont abrités trois énormes caissons de deux étages chacun et dans lesquels se trouvent les 6 salles du musée. L’édifice réalisé par le cabinet d’architectes barcelonais AV62 est une vraie réussite où règnent calme, élégance et sobriété.

L’exposition commence par un film de 23 minutes qui retrace la carrière du couturier au travers de nombreux témoignages de ses pairs tels que Courrèges, Ungaro ou Givenchy. Ce documentaire, très intéressant, montre toute la subtilité du travail de Balenciaga, l’austérité et le classicisme de ses créations pourtant résolument modernes et audacieuses. Bien que situé en début de visite, le film peut tout à fait se voir à la fin. Il apporte une touche technique et des explications sur le travail de création qui font défaut dans les commentaires écrits qui accompagnent la visite de l’exposition. J’ai effectué la visite sans audioguide.

Les vêtements sont présentés dans 6 salles différentes. Quelques coiffes, bijoux et parfums sont également exposés bien que l’essentiel de la collection soit consacré aux robes… et quelles robes ! Tout commence dans la salle « Débuts » avec des créations très sobres, souvent noires, traditionnelles, dessinées sur mesure par Balenciaga pour la bourgeoisie de l’époque. Nous sommes à l’aube des années 30. Par la suite, Cristóbal Balenciaga créera sa propre marque et ira s’installer à San Sébastien avant de connaître le succès à Paris après la deuxième guerre mondiale.

Arrive la deuxième salle « Jour » où l’on découvre de magnifiques manteaux et la célèbre ligne « tonneau » qui emballa les critiques. Les années cinquante défilent et émerveillent avec les deux salles « Cocktail » et « Soir ». La cinquième salle consacrée aux robes de mariées est sans doute la moins intéressante bien que le travail de création soit remarquable.

La scénographie séduit d’entrée avec ses espaces courbes, la pénombre qui adoucit le regard et met en lumière les vêtements, jusqu’à montrer ses limites : reflets sur les vitrines, pas de possibilité de voir le dos des vêtements. Ces quelques défauts pourront frustrer nombre de visiteurs. Reste néanmoins cette impression agréable grâce à l’agencement aéré de chaque salle où l’on peut voir une douzaine de pièces.

La sixième et dernière salle « Essentiel » est à l’image de ce qu’aurait pu être l’ensemble de l’exposition : certains modèles tournent sur eux-mêmes et permettent ainsi d’admirer l’extraordinaire façonnage des robes mythiques de Balenciaga. Des écrans présentent la conception des vêtements par les esquisses et croquis déclinés en patrons qui s’animent ensuite pour s’assembler et former le résultat final.

Ce musée est l’occasion de prendre conscience de l’importance de Balenciaga dans la mode contemporaine. Disparu depuis près de 40 ans, Cristóbal Balenciaga avait cette caractéristique rare d’être à la fois styliste, couturier et modéliste. Très attaché à l’artisanat, au savoir-faire, à la qualité des accessoires, l’ornementerie, la passementerie et les étoffes parfois conçues par lui-même, il a défendu une certaine idée de la création, celle qui sublime la femme sans la contraindre à n’être qu’un objet de mode.

Les « classiques » de l’espagnol sont présents : la robe baby doll, l’avant-gardiste robe-sac ainsi que ses différentes jupes ballons, jusqu’aux créations épurées de la fin des années 60. Asymétrie, architecture sont des mots qui reviennent souvent pendant l’exposition… bien qu’à la simple vue des vêtements de Balenciaga il apparaît qu’il y a autre chose, quelque chose d’indescriptible, qui nous échappe, que seuls les artistes de génie savent saisir.

Cristóbal Balenciaga Museoa
Adresse : Aldemar Parkea, 6, 20808 Getaria
Horaires d’été : du mardi au dimanche de 10h à 20h 
Tarif : 8 euros
Parking : gratuit pour 3 heures à proximité du musée
Durée : 1h30 à 2h pour la visite complète
Site officiel / Twitter @ cbmuseoa

Publicités

4 réflexions sur “Visite du musée Cristóbal Balenciaga

  1. mcarmen

    hola,
    mi tia hablaba mucho de ese balenciaga, con mucha admiracion,
    pero si me interesa ver sus obras, me parece estupidisimo crear un museo de ellas
    mientras tantas personas quasi se muerene de hambre y no tienen techo
    que se acaben todos estos gastos inutiles para los humanos..

    • merci pour ton commentaire ! mais on peut dire la même chose des industries musicales, cinématographiques et du jeu vidéo… dont les budgets sont bien plus conséquents que celui de ce musée. S’agissant d’un patrimoine culturel, il me parait important de le sauvegarder et d’en faire la promotion. mieux vaut ça que des spéculations boursière ou immobilière qui elles pourraient servir à aider les êtres humains. dans le cas de la fondation Balenciaga, le but n’est pas de créer de la richesse.

  2. mcarmen, permita-me contestarle con inteligencia. Me parece muy interesante que la ciudad de Getaria cuenta en su historia con uno de los mejores costureros del siglo XX. Esa exposicion atrae a mas gente y permite garantizar puestos de trabajo muy cualificados y gastos utiles para el desarollo turistico del Gipuzkoa. Eso genera empleo y menos paro. Mañana voy a dar una visita en el Museo para clientes franceses, estoy seguro que estaran felices de ver tanta belleza y de entender la pérpetual busqueda de perfeccion de Cristobal Balenciaga. Para mas informacion: http://www.paysbasqueberline.com/es/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s