Le Festival du premier Court-Métrage

Par défaut

Le Festival du premier court-métrage s’est tenu du 14 au 16 octobre dans la ville de Pontault-Combault. Cela fait maintenant 12 ans que ce festival existe grâce au cinéma Apollo. Chaque année, ce sont plus de 300 films qui sont visionnés par le comité de sélection. Un sur dix sera retenu au final pour figurer des les catégories fiction, animation, français ou étranger. Particularité de cet événement : il ne concerne que les premières oeuvres… parfois maladroites, hésitantes, de réalisateurs qui pour les plus talentueux auront la chance de passer au long-métrage.

Logorama, célèbre film d’animation oscarisé, est passé par le Festival du Premier Court-métrage, tout comme Valérie Donzelli couronnée en 2008 et qui triomphe aujourd’hui avec « La guerre est déclarée ». Souffrant sans doute de sa situation géographique, cet événement mériterait vraiment plus d’attention de la part des médias parisiens et des passionnés de cinéma. J’ai eu la chance d’être invité au festival et de faire partie du jury « Presse » qui décernait un prix dans la catégorie fiction française. 9 films étaient en lice. Autant le dire tout de suite, j’ai été très surpris par la qualité des films présentés. Je vous propose mon humble avis sur chacun des court-métrage dans l’ordre de diffusion :

Le Meilleur ami de l’homme de Vincent Mariette

Premier de la sélection, Le Meilleur ami de l’homme est un excellent film… qui n’a rien d’un premier court-métrage. Produit avec le soutien de Canal+, le casting présente un Jules-Edouard Moustic dans un rôle à la Bill Murray. L’histoire est celle d’un maître-chien qui assure la sécurité dans une gare et qui doit se débarrasser de son chien narcoleptique. J’ai aimé la poésie qui se dégage de ce film, le seul de la sélection capable d’être romantique, comique, de décrire la solitude avec autant de subtilité. La mise en scène et l’univers décalé sont complètement maîtrisés.

La Petite Retraite de Michaël Kornprobst

Sans doute le film avec la meilleure photographie, l’esthétique de La Petite Retraite fait mouche. Mais l’histoire de cette retraitée qui séquestre un homme finit par s’enfermer elle-même dans le jeu du huis-clos. L’originalité des premières scènes laissent alors la place à un enchaînement de clichés qui nous emmènent vers une chute un peu trop simpliste. Dommage.

Crise à vendre de Sandrine Martin

Loufoque, drôle, parfois complètement absurde, Crise à vendre mise tout sur l’humour et sur une intrigue d’apparence sans queue ni tête. Lionel Abelanski partage l’affiche avec des acteurs certes moins connus mais tout aussi talentueux. La direction d’acteur doit y être pour beaucoup et c’est à souligner pour un premier film. Le scénario à tiroir qui tourne autour de l’achat d’une maison d’une famille folle tombe dans l’écueil de vouloir créer une chute spectaculaire et inattendue… au détriment d’une narration très bonne pendant les premières minutes.

Odorama de Maxime Alvarez-Pérez et Guillaume Heulard

Odorama est un faux documentaire, qui démarre pourtant comme un vrai documentaire sur les 30 ans du cinéma odorant. Si le basculement dans la fiction est plutôt réussi, ce film se montre un peu trop amateur, notamment dans ses moyens et ça se voit à l’écran. J’ai aimé cependant la projection sur le cinéma d’aujourd’hui qui invite à se poser des questions sur l’avenir du septième art. Un discours subtil mais dont la démonstration se veut très accessible.

Annoula Defteri de Dominique Lombardi

Un vieil homme grec chante une comptine en bord de mer. Emilie vient pour signer des papiers et rencontre ainsi cet homme, son grand-père disparu depuis 60 ans. Autant le dire tout de suite, je suis passé complètement à côté de ce film, de cette rencontre. J’ai été hermétique au discours, je n’ai pas saisi les non-dits, ni éprouvé d’émotion. Sans doute y avait-il quelque chose de trop personnel dans ce récit que la réalisation n’a pas réussi à transmettre. C’est malheureux car je reste persuadé qu’il y avait beaucoup de choses à voir et comprendre derrière la douceur poétique de ces dix minutes.

Cache-cache d’Aurore Roegiers

Je fais presque le même constat que pour Annoula Defteri. Il y avait aussi un message très personnel de la réalisatrice mais difficile à discerner pour le public, et donc à s’approprier. Pourtant, j’ai aimé la manière intéressante de filmer cette histoire simple, cette famille où règne les non-dits et où le retour du grand-père peut tout chambouler. Ce Cache-cache tout en retenue dont l’intrigue reste trop floue, m’a laissé sur ma faim. Le jeu entre les deux sœurs reste très encourageant et méritait peut-être quelques minutes de plus pour offrir une belle fin.

En Boîte de Mathieu Paquier

Cet homme qui ressemble à un clochard vit dans une boîte où il effectue quelques tâches répétitives. Son métier est étrange et il va en changer. Il va enfin pouvoir parler à des gens. Je ne peux en dire plus sur l’histoire de En Boîte. Dans un univers très particulier, le film fait autant référence aux regards des enfants que nous avons été, qu’à nos réflexions critiques sur le travail. Froid tout en étant humain, cruel et cynique tout en étant léger, En Boîte est une belle réussite, un court-métrage touchant.

L’Entremetteur de Michaël Liot

L’entremetteur est l’histoire d’un jeune homme qui plaque les petites copines en lieu et place de leurs petits copains. C’est un bon moyen pour arrondir les fins de mois. Réalisé sur le rythme des mini-séries comiques de télévision, le film est frais et dynamique, très en phase avec son époque. Je l’ai trouvé drôle mais malheureusement trop prévisible. La chute est exactement celle que j’ai imaginée dès le contexte posé. Forcément, ça gâche le plaisir.

Suivez la Flèche de Marc Saez

Il fallait un ovni dans la sélection. Le parti pris esthétique très fort dès les premières scènes ne tient pas la route et le manque de moyens (normal pour un premier film) se fait terriblement ressentir. Résultat : j’ai eu l’impression de voir le téléfilm érotique sur M6. L’intrigue est faible comme en témoigne le résumé caricatural du court-métrage : « un homme… une femme… une rencontre… une quête… une traque… qui, du chasseur ou de la proie, l’emportera ? ». S’il y a un public, sait-on jamais, pour ce genre d’oeuvre, je n’en fais définitivement pas partie.

Suite à la projection des neuf films, j’ai retrouvé les autres membres du jury autour d’un repas organisé par le cinéma Apollo. Je n’ai pas pu retenir les noms de tous les membres du jury parmi lesquels Alain Riou, critique au Nouvel Observateur et intervenant récurrent pour Le Masque et la Plume sur France Inter qui nous a régalé de ses anecdotes, et Perrine du site saltimbanques.net. Les délibérations, parfois houleuses lors des éditions précédentes, se sont très bien passées. Nous étions presque tous d’accord pour placer « Le meilleur ami de l’homme » et « En boîte » en tête. C’est finalement ce dernier qui l’a emporté, notre Présidente du Jury, journaliste à latelelibre.fr n’hésitant pas à le comparer, à juste titre, à Metropolis. Rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle édition !

Palmarès du 12ème Festival du Premier Court-Métrage de Pontault-Combault :

Prix du Public : Ouaga Mélody de Uriel Jaouen Zrehen
Prix du Conseil Général : The Gloaming de No Brain
Prix de l’A.C.E.P : Crise à vendre de Sandrine Martin
Prix de la Presse : En boîte de Mathieu Paquier
Prix du meilleur film étranger : Courte vie d’Adil El Fadili
Prix Cininter : Annoula Defteri de Dominique Lombardi
Prix du film d’animation : Les chroniques de la poisse d’Osman Cerfon
Prix d’interprétation : Thierry Machard pour En boîte
Grand Prix du Jury : Crise à vendre de Sandrine Martin

Cinéma Apollo
62 avenue de la République
77340 Pontault-Combault
Tel : 01 60 34 66 88

Ce cinéma associatif a été créé en 1993. C’est l’association Apollo+, présidée par Alain Bouly, qui organise chaque année le festival du 1er court-métrage. Le cinéma est classé art et essai avec le label « jeune public ». Outre la programmation des films, le cinéma propose des débats et des rencontres avec les réalisateurs et acteurs. Retrouvez toutes les infos sur http://www.programmeapollo.blogspot.com/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s