Eva

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Alex Garel est appelé par son ancienne Faculté de Robotique pour travailler sur un projet qu’il avait laissé en plan 10 ans auparavant : la création du premier robot libre, un enfant androïde. L’action se passe en 2041, dans un monde qui ressemble beaucoup au nôtre, et où les robots créés jusqu’alors remplissent des fonctions comme assistants de vie, employés de maison… ou animaux domestiques.

Alex retourne dans son ancien laboratoire dans la maison de ses parents. Il retrouve aussi son frère David, marié à Lana, son amour de jeunesse, tous deux parents d’Eva, une jeune fille ingénue. Une relation particulière va se nouer entre Alex et sa nièce. Le jeune scientifique décide alors de prendre cette dernière comme modèle pour son futur androïde, contre l’avis de sa mère Lana.

Premier film du réalisateur catalan Kike Maíllo, Eva surprend et se pose comme un film atypique. Présenté comme un film de genre fantastique, il flirte avec la science-fiction, l’anticipation. Pourtant, là n’est pas le propos, ce n’est qu’un contexte car Eva traite des rapports humains avant tout, et le fait très bien. Si la création du premier robot libre induit l’introduction de réactions émotives chez l’androïde, les robots déjà présents dans le film ont déjà des capacités habituellement réservées aux humains, je pense plus particulièrement à l’empathie. Il est même intéressant de voir comment elle est exprimée de manière automatique, machinale, alors qu’elle nécessite un vrai travail pour l’homme.

Ces petits enjeux autour de l’affect, de la relation de l’homme à l’homme, à l’animal et à la machine sont tout l’intérêt du de ce film… surtout quand les trois parviennent à être tout aussi « humains » les uns que les autres. Le mystère autour du trio composé d’Alex, de son frère et de Lana est très bien menée et captive tout autant que la conception du robot libre. La recherche autour du sentiment humain chez le robot met en exergue la complexité des rapports, au sein du trio d’adultes et au sein de la complicité entre Alex et sa nièce. Et c’est avec intelligence, sans moralisation, que le film espagnol montre les limites et les dangers de la quête de l’homme à vouloir créer son semblable.

Autre réussite du film, la distribution : Alex Garel est interprêté par l’allemand Daniel Brühl révélé dans l’excellent Goodbye Lenin et qui parle parfaitement l’espagnol. Malgré son air poupon et son allure d’étudiant, l’acteur qui n’a pas vraiment un physique de scientifique reste très crédible. C’est une jeune inconnue, Claudia Vega qui joue le rôle d’Eva. Choisie parmi 3000 filles pour interpréter la nièce d’Alex, elle est époustouflante : au point de donner l’impression de ne pas jouer ! Le couple Lana et David, incarné par Marta Etura et Alberto Ammann est parfait de justesse et ces acteurs peu connus hors d’Espagne font merveille dans ce casting. Enfin, le touchant Max, un robot d’apparence humaine est joué avec précision par Lluís Homar, un fidèle d’Almodovar.

Eva comporte aussi quelques défauts, ceux d’un premier film (traduire par petit budget) : une intrigue qui tourne avec plus ou moins 6 personnages, des décors et accessoires qui, hormis les robots, ne nous immergent pas complètement dans le futur. Le spectateur est réduit à un lieu unique que l’immensité des paysages ne parvient pas à faire oublier et le film n’apporte pas de  regard sur le monde dans 30 ans. Malgré tout, l’austérité des montagnes et du village enneigés et l’imaginaire rétro-futur de la société se transforment habilement en atout, permettant la focalisation du spectateur sur l’histoire et les personnages.

Eva prouve qu’on peut faire un film qui se passe dans le futur sans en mettre plein les yeux, sans mettre des machines ultra-sophistiquées dans chaque plan et sans aucune réelle scène d’action. Les effets spéciaux sont sobres et l’action se déroule dans un monde qui semble complètement pacifié où il règne une ambiance apaisée, presque onirique. Reste un film assez particulier, qui par son genre hybride aura peut être du mal à trouver son public… à moins que ce ne soit l’inverse. C’est tout le bien que je lui souhaite car ce film a tout pour devenir la bonne surprise de ce printemps.

3 réflexions sur “Eva

  1. Salut lociol,
    Le thème de l’Intelligence Artificiel en rapport avec la conscience devient récurent. Est-ce du au transhumanisme?

    J’irai certainement voir EVA, j’adore le sujet.
    Je glisse trois vidéos

    Blinky de Ruairi Robinson, très touchant.

    Kara – Le nouveau Quantic Dream HD Pub PS3 désolé!

    Archetype by Aaron Sims, pauvre robot! Sniff!

    J’espère que ces petits films te plairont.

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