The Place Beyond The Pines

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Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit sur mon blog et encore plus longtemps sur un film. J’ai eu la chance de voir The Place Beyond The Pines en avant-première. Je vous partage mes impressions avant la sortie du film co-écrit et réalisé par Derek Cianfrance ce mercredi 20 mars 2013.

Tout commence avec un plan sur le torse nu, musclé et tatoué de Ryan Gosling. Pourtant l’ambiance n’est pas à la parade de playboy. L’acteur mormon incarne Luke, un cascadeur à moto. Mi-beauf, mi-gitan, on découvre assez rapidement que le bonhomme mène une vie plutôt misérable. Il retrouve alors Romina, Eva Mendes grimée en MILF latina trash, avec ses gros tétons qui pointent sous son marcel. La femme a accouché d’un enfant de Luke il y a seulement quelques mois et refait sa vie avec un autre homme. Luke, qui n’a jamais connu son propre père, décide de rester et de s’installer dans la petite bourgade de Schenectady et de commettre une série de braquages afin de subvenir aux besoins de son enfant. Avery Cross, policier incarné par Bradley Cooper, va croiser la route du motard. Je m’arrête là pour ne pas vous gâcher la découverte du film…

Affiche Place

Au premier abord, l’aspect misérable des personnages paraît trop surfait, voire caricatural, mais parvient à s’affiner au fil du récit. Il faut dire que Ryan Gosling n’est pas un très bon acteur et son duo avec Eva Mendes est en partie sauvé grâce au jeu très juste de l’actrice. En revanche, il est impossible de ne pas penser à Drive lorsque l’on suit ses aventures. La moto remplace la voiture, la campagne remplace la ville, des chansons folk et country remplacent l’electro… Il est garagiste et sort avec une serveuse de restaurant. Son personnage parle peu et ne respire pas l’intelligence. Autant dire que le parallèle est évident. Trop. Comment le réalisateur peut-il tomber dans cet écueil ? Pour le reste de la distribution, Bradley Cooper tient bien son rang, Ray Liotta est parfait, mais on ne s’en étonne même plus, et les deux rôles d’adolescents sont bien joués.

The Place Beyond The Pines n’est pas un seul film mais plutôt 3 petits films consécutifs en un seul. Certains critiques évoquent un tryptique… c’est un peu fort. Les 3 parties ne se faisant pas écho mais étant la suite chronologique les unes des autres. Problème… pour faire tenir tout cela en 2h20 c’est difficile de le faire sans clichés, sans raccourcis. Et malheureusement, tous les événements qui surviennent à partir de la deuxième moitié du film deviennent complètement prévisibles et le réalisateur traîne péniblement pour les dévoiler au point de rendre le final très énervant, voire irritant. Où veut-il en venir exactement ? On sort sans trop le savoir, sans se poser vraiment de question, sans avoir pris de claque non plus.

Il y a pourtant un intérêt fort dans ce film notamment sur la question de la paternité, de la transmission, de l’enfance, de la reproduction sociale, sur le cycle de la vie. L’ambivalence des personnages est un aspect marquant du film, entre figure héroïque – le regard de l’enfant – et le côté sombre et machiavélique – l’âge adulte – avec lesquels chacun arrange la réalité dans laquelle il vit. Dans un contexte social joliment dépeint par une réalisation très sobre, les holds-up spectaculaires, la corruption abusive de la police et le destin politique d’un personnage sortent trop de l’ordinaire pour soutenir cette fable sur la vie. Ils servent de toile de fond mais finissent par mettre un écran de fumée, un brouillard même, devant ce tableau trop complexe pour être précis. Il n’en reste qu’un flou artistique presque difforme, une confusion qui n’a même pas le mérite de déstabiliser le spectateur.

The Place Beyond The Pines ressemble à l’adaptation ciné ratée d’un roman, sauf qu’il n’y a même pas eu de roman avant. Voilà un film finalement décevant car trop ambitieux. On aurait pu faire 3 beaux films avec cette histoire, mais qui produirait une telle série ? C’est donc avec regret que l’on assiste à ce triste spectacle formaté, malgré quelques longueurs, pour répondre aux lois des productions américaines alors que tout son intérêt aurait été de ne pas s’y conformer.

4 réflexions sur “The Place Beyond The Pines

  1. Bravo pour cette analyse. Je ne suis pas très cinéphile, mais l’explication des contraintes de productions me semble très plausible. Du cinéma oui, mais sans sortir des clous ;-)

  2. Marion

    Ryan Gosling pas un tres bon acteur – fais tu ce commentaire par rapport a ce film en particulier ou en general? Je le trouve inegal depuis quelques temps mais on ne peut pas mettre de cote ‘the believer’ et ‘half nelson’…

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