Digitalism – I love you dude

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Il aura fallu 4 ans pour entendre le deuxième album de Digitalism. Autant dire que pour ma part, j’avais presque oublié le duo electro qui se contentait, depuis la sortie d’Idealism en 2007, de produire quelques remixes pour Kitsuné. Puis, fin 2010, l’EP Blitz est arrivé, suivi du single 2 Hearts ce printemps et de l’annonce officielle de la sortie de I love you dude pour le 21 Juin. Cerise sur le gâteau, Jence et Isise se produiront au Nouveau Casino le 14 du même mois. J’avais déjà mon billet depuis plusieurs semaines, aujourd’hui j’ai enfin pu écouter I love you dude.

Globalement, je n’ai pas été dépaysé par ce deuxième opus. Plus court que le premier avec 10 titres pour la plupart de 3:30, I love you dude reprend la recette qui a fait le succès de Digitalism bien que les rythmiques paraissent moins saccadées et l’album dépourvu cette fois de titres inutiles. Si certains y verront un manque d’originalité ou de prise de risque, d’autres comme moi s’en satisferont : les deux allemands font la musique qu’ils savent faire et la font bien… avec en prime quelques sonorités pop qui ne sont pas pour me déplaire.

Stratosphere ouvre l’album et plonge l’auditeur dans le bain : après 10 secondes de nappes sonores le morceau démarre fort, avec un riff de basse ronronnant et la boîte à rythme, malgré un tempo tout en retenue. En somme, c’est le morceau idéal pour poser son empreinte sur l’album et rappeler que nous sommes chez Digitalism. Le single 2 hearts placé en deuxième plage surprend par la prédominance de la voix, exercice auquel le groupe s’aventure rarement mais qu’il réussit avec talent. On croirait même entendre des guitares sur ce titre à la veine pop-rock, autant dans sa structure que dans sa mélodie. Il faut donc attendre le troisième titre, Circles qui synthétise l’ambiance des deux premières pistes, pour que le tempo s’accélère.

Blitz, déjà sorti quelques mois auparavant, ne convainc pas complètement même après plusieurs écoutes. L’instrumental aux sonorités un peu plus techno reste trop hésitant entre de l’electro classique et quelques envolées psychédéliques qui finalement n’arrivent jamais. Néanmoins, ça reste à tester sur un dancefloor… Forrest Gump arrive en cinquième position et suscite d’emblée la curiosité puisque la chanson a été co-écrite avec Julian Casablancas. Et ça donne une bonne dose de rock’n’roll mélangée à la froideur d’une influence new-wave. Encore une fois, on pourrait croire qu’il y a de la guitare mais non… et Digitalism l’a bien confirmé en interview.

La première moitié de l’album franchie, Reeperbahn et Antibiotics marquent une coupure nette de part leurs rythmiques, leurs samples et leur destructurations. L’approche se veut un peu plus expérimentale tout en restant dans le style de Digitalism. L’ambiance quasi apocalyptique de Reeperbahn est incarnée par les samples, la batterie big beat et Antibiotics est un instrumental que les Chemical Brothers ne renieraient pas. Il fallait un moment de quiétude après ça… ce moment arrive avec un featuring féminin lascif à souhait sur Just Gazin’. C’est une parfaite inconnue, une amie du duo d’Hambourg, qui s’y colle avec brio avant de finir noyée dans un lent fading précédant les deux derniers titres de l’album.

L’instrumental Miami Showdown avec son rythme bien lourd, un midtempo boosté par un loop entêtant est tout simplement jouissif et paraît presque trop court. Encore clôture l’album un peu maladroitement. Si la première minute est convaincante, le morceau ne décolle pas vraiment et me laisse un peu la même impression que Blitz même si sa structure très variée sauve la mise. J’ai regretté le manque d’enchainement entre les derniers titres, c’est tout de même dommage pour des DJ de ne pas avoir fait ce choix ou cet effort.

En conclusion, vous l’aurez compris en me lisant, j’ai aimé cet album. Certes, on n’y trouve pas de tubes de la puissance de Zdarlight ou encore de Idealistic mais au final, cet opus est bien plus équilibré et cohérent que le premier. La force de Digitalism est restée intacte, incarnée par cet équilibre subtil entre son esprit rock’n’roll et les sonorités électroniques. Le succès de I love you dude semble déjà écrit d’avance. N’oubliez pas de le mettre dans la liste des albums à emmener en vacances avec vous.

Chronique publiée sur DirrtyMusic le 3 Juin 2011.

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